La métrologie est la science de la mesure. Elle s’intéresse aux grandeurs physiques, chimique ou biologiques, à leurs unités et aux incertitudes de mesure. Ces domaines d’application concernent la recherche et le développement, le contrôle de la qualité et l’assurance qualité dans les industries, la certification des entreprises qui réalisent des prestations de contrôle, la vérification de la conformité aux règles légales, la vérification de l’utilisation d’une méthode agréée, l’étalonnage des étalons et de l’appareillage et la vérification des appareils de mesure.
Table des matières
Les grandeurs
Définitions
Propriété d’un phénomène, d’un corps ou d’une substance, que l’on peut exprimer quantitativement sous forme d’un nombre et d’une référence. La référence peut être une unité de mesure, une procédure de mesure, un matériau de référence, ou une de leurs combinaisons. Les symboles des grandeurs doivent toujours être écrits en italique (ISO 80000).
Exemples :
- Une masse m = 2,5 kg (la grandeur est la masse et la référence est le kilogramme).
- Une résistance électrique R = 50 (la grandeur est la résistance électrique et la référence est l’ohm).
- Un acier de dureté de Rockwell C = 60 HRC. (la grandeur est la dureté et la référence est l’échelle de Rockwell HRC qui correspond à la profondeur rémanente de pénétration d’un cône de diamant).
Dans son traité d’électricité et de magétisme, James Clerk Maxwell (1831-1879) défini les grandeurs physiques de la façon suivante :
Toute expression d’une grandeur physique est formée de deux facteurs. L’un d’entre eux est le nom d’une grandeur connue de même nature que la quantité à exprimer qui est pris comme étalon ou référence. L’autre composante est le nombre de fois qu’il faut reporter l’étalon pour reproduire la grandeur considérée. Techniquement, la grandeur étalon est appelée unité et le nombre de reports est appelée la valeur numérique de la grandeur.
Les grandeurs pour lesquelles on ne peut définir d’étalon ne sont pas des grandeurs physiques. Pour les autres grandeurs, des échelles permettent de les évaluer. L’échelle visuelle analogique EVA permet de mesurer la douleur, l’échelle Rockwell mesure la dureté des aciers, l’échelle de Mohs mesure la dureté des minéraux, l’échelle de Mercalli mesure de l’intensité des séismes d’après l’observation de leurs effets en un lieu donné.
Les grandeurs sont de même nature si elles sont mutuellement comparables. La chaleur, le travail, l’énergie cinétique sont des grandeurs de même nature à savoir la nature de l’énergie mais la grandeur moment d’une force et la grandeur énergie ne sont pas considérées comme des grandeurs de même nature bien qu’elles aient la même dimension.
Système de grandeurs
Un système de grandeurs est un ensemble de grandeurs associées à un ensemble de relations non contradictoires entre ces grandeurs. Les grandeurs de base forment un sous-ensemble choisi par convention dans un système de grandeurs donné de façon à ce qu’aucune grandeur du sous-ensemble ne puisse être exprimée en fonction des autres.
Exemples :
- la masse, la longueur et le temps forment le système des grandeurs de la mécanique. La vitesse, la force, l’accélération, l’énergie, etc. sont liées à ces grandeurs de base
- la quantité de matière, le volume, la pression et la température caractérise un système chimique.
- La dureté de Rockwell n’est pas considérée comme faisant partie d’un système de grandeurs, parce qu’elle n’est reliée à d’autres grandeurs que par des relations empiriques..
Une grandeur dérivée est une grandeur définie, dans un système de grandeurs, en fonction des grandeurs de base de ce système.
Dans le système masse, longueur et temps, les grandeurs suivantes sont des grandeurs dérivées :
- vitesse : est définie à partir de la longueur et du temps ;
- l’accélération : est définie à partir de la longueur et du temps ;
- la force : est définie à partir de la masse, de la longueur et du temps
Dimension d’une grandeur
La dimension d’une grandeur exprime la dépendance d’une grandeur par rapport aux grandeurs de base d’un système de grandeurs sous la forme d’un produit de puissances de facteurs correspondant aux grandeurs de base, en omettant tout facteur numérique. Par convention, la représentation symbolique de la dimension d’une grandeur de base est une lettre majuscule unique en caractère romain (droit) sans empattement. Par convention, la représentation symbolique de la dimension d’une grandeur dérivée est le produit de puissances des dimensions des grandeurs de base conformément à la définition de la grandeur dérivée. La dimension de la grandeur Q est notée dim Q.
Les grandeurs de même nature ont la même dimension mais les grandeurs de même dimension ne sont toutes de même nature. Les grandeurs de dimensions différentes ne sont pas de même nature.
Exemples :
si on note M, L, T, les dimensions des grandeurs masse, longueur et temps alors :
- dim F = M.L.T-2 . Les exposants dimensionnels sont respectivement 1, 1 et -2.
- dim E = M.L2.T-2 . Les exposants dimensionnels sont respectivement 1, 2 et -2 (l’énergie est de même nature que le travail
W = F.\ell).
Dans le système international des grandeurs (International System of Quantities ISQ) formé de sept grandeurs de base longueur, masse, temps, intensité du courant électrique, température, quantité de matière et intensité lumineuse, les symboles correspondant aux dimensions des grandeurs de base sont :
| Grandeur | Symbole | Dimension |
| longueur | L | |
| masse | M | |
| temps | T | |
| Intensité du courant électrique | I | |
| température | T | \Theta |
| quantité de matière | N | |
| Intensité lumineuse | J |
Dans le système de grandeurs ISQ, la dimension d’une grandeur Q s’écrit :
\mathrm{dim} \,Q =\mathrm{L}^\alpha \mathrm{M}^\beta \mathrm{T}^\gamma \mathrm{I}^\delta \mathrm{\Theta}^\epsilon \mathrm{N}^\zeta \mathrm{J}^\eta \alpha, \beta, \gamma,\delta,\epsilon,\zeta,\eta sont les exposants dimensionnels qui sont entiers, rationnels ou nuls.
Si tous les exposants dimensionnels sont nuls, la grandeur est de dimension 1. Dans le langage courant, on parle de grandeurs sans dimension. L’angle plan, l’angle solide, l’indice de réfraction, la perméabilité relative, la fraction massique, le facteur de frottement, le nombre de Mach sont des grandeurs de dimension 1 de même que le nombre d’entités comme le nombre de tours dans une bobine, le nombre de molécules dans un spécimen donné, la dégénérescence des niveaux d’énergie d’un système quantique.
Unités de mesure
Définitions
Une unité de mesure est une grandeur scalaire réelle, définie et adoptée par convention, à laquelle on peut comparer toute autre grandeur de même nature pour exprimer le rapport des deux grandeurs sous forme d’un nombre.
Les noms unités sont imprimés en caractères droits sans majuscule sauf en début de phrase.
Les unités des grandeurs sans dimension sont des nombres, généralement 1. Dans certains cas, on leur donne des noms spéciaux, par exemple radian, stéradian et décibel, ou on les exprime par des quotients comme le milligramme par kilogramme égal à 10–6.
Exemples :
- Le newton mètre et le joule sont les unités du moment d’une force et de l’énergie qui sont des grandeurs de même dimension mais de nature différente.
- l’unité seconde à la puissance -1 (1/s) est appelée hertz (Hz) pour les fréquences et becquerel (Bq) pour les activités de radionucléides.
- l’écriture correcte de l’unité de température dont le symbole est °C est degré Celsius. l’unité degré commence par la lettre minuscule d et Celsius comme par la lettre majuscule C car Celsius est un nom propre.
Le système international d’unités
Le système d’unités, fondé sur le Système international de grandeurs (ISQ), comportant les noms et symboles des unités, une série de préfixes avec leurs noms et symboles, ainsi que des règles pour leur emploi, adopté par la Conférence générale des poids et mesures (CGPM).
Autres système d’unités :
- le système CGS : centimètre, gramme, seconde. Dans ce système, l’unité d’énergie est le erg. L’unité de pression est la barye (ba) : 106 ba = 1 bar.
- Les systèmes impériaux et américain. Ils sont basés sur le pied (unité de longueur) divisé en 12 pouces, la livre (unité de longueur) divisée en 16 onces et la seconde (unité de temps). L’unité de pression est le psi (pound per square inch). A noté que la numération dans ces systèmes peut être duodécimal ou hexadécimal : 1 pied = 12 pouces = 144 lignes = 1728 points.
Les noms et les symboles des sept unités de base sont donnés dans le tableau suivant.
| Grandeur | nom | Symbole |
| longueur | mètre | m |
| masse | kilogramme | kg |
| temps | seconde | s |
| Intensité du courant électrique | ampère | A |
| température | kelvin | K |
| quantité de matière | mole | mol |
| Intensité lumineuse | candela | cd |
Les définitions des unités de base su Système International SI ont été révisées la CGPM (Conférence Générale des Poids et Mesures) en novembre 2018 et les nouvelles définitions ont pris effet le 20 mai 2019,sont basés sur 7 constantes fondamentales de la nature :
- la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé, , est égale à 9 192 631 770 Hz,
- la vitesse de la lumière dans le vide, c, est égale à 299 792 458 m/s,
- la constante de Planck, , est égale à 6,626 070 15 × 10−34 J s,
- la charge élémentaire, , est égale à 1,602 176 634 × 10−19 C,
- la constante de Boltzmann, , est égale à 1,380 649 × 10−23 J/K,
- la constante d’Avogadro, , est égale à 6,022 140 76 × 1023 mol−1,
- l’efficacité lumineuse d’un rayonnement monochromatique de fréquence 540 1012 Hz, , est égale à 683 lm/W.
On retrouvera les définitions des 7 unités de base sur la brochure du SI éditée par le Bureau International des Poids et Mesures où elle est disponible en ligne.
Unités dérivées
Les unités dérivées sont définies comme des produits de puissances des unités de base. Lorsque le facteur numérique de ce produit est un, les unités dérivées sont appelées unités dérivées cohérentes. Certaines unités dérivées cohérentes du SI ont reçu un nom spécial. Elles sont au nombre de 22 : radian, stéradian, hertz, newton, pascal, joule, watt, coulomb, volt, farad, ohm, siemens, weber, tesla, henry, degré Celsius, lumen, lux, becquerel, gray, sievert et katal. Les sept unités de base et les unités dérivées cohérentes constituent la partie centrale de l’ensemble des unités du SI : toutes les autres unités du SI sont des combinaisons de certaines de ces 29 unités.
On trouvera dans la brochure Le Système international d’unités édité par le BIPM la définition de l’ensemble de ces unités dérivées.
Exemples :
- vitesse : 3,6 m s-1,
- concentration de quantité de matière : = 1,22 mol m-3,
- Camp magnétique : = 4,2 A m-1,
- Induction magnétique : = 0,2 T,
- conductivité thermique : = 0,056 W m-1 K-1,
- permittivité : =8,854 187 82 10−12 F m−1
Écriture des unités
Les préfixes SI qui représentent strictement des puissances de 10 pour les multiples et sous- multiples des unités sont donnés dans le tableau ci-dessous :
| facteur | nom | Symbole |
| 1030 | quetta | Q |
| 1027 | ronna | R |
| 1024 | yotta | Y |
| 1021 | zetta | Z |
| 1018 | exa | E |
| 1015 | péta | P |
| 1012 | téra | T |
| 109 | giga | G |
| 106 | méga | M |
| 103 | kilo | k |
| 102 | hecto | h |
| 101 | déca | da |
| 10-1 | déci | d |
| 10-2 | centi | c |
| 10-3 | milli | m |
| 10-6 | micro | |
| 10-9 | nano | n |
| 10-12 | pico | p |
| 10-15 | femto | f |
| 10-18 | atto | a |
| 10-21 | zepto | z |
| 10-24 | yocto | y |
| 10-27 | ronto | r |
| 10-30 | quecto | q |
On ne doit pas utiliser les préfixes SI pour des puissances de 2. Par exemple, il convient de ne pas utiliser 1 kilobit pour représenter 1 024 bits (210 bits), qui est 1 kibibit. De même la capacité d’un disque dur de 2 To doit être nommée 2 Tio (2 tébioctets).
Les règles classiques de multiplication ou de division algébriques s’appliquent pour former les produits et quotients de symboles d’unités. La multiplication doit être indiquée par une espace ou un point à mi-hauteur centré () pour éviter que certains préfixes soient interprétés à tort comme un symbole d’unité. La division est indiquée par une ligne horizontale, par une barre oblique (/) ou par des exposants négatifs. Lorsque l’on combine plusieurs symboles d’unités, il faut prendre soin d’éviter toute ambiguïté en utilisant par exemple des crochets, des parenthèses ou des exposants négatifs. Il ne faut pas utiliser plus d’une barre oblique dans une expression donnée s’il n’y a pas de parenthèses pour lever toute ambiguïté.
Il y a toujours un espace entre le nombre et l’unité sauf pour le degré de l’angle plan. Les nombres comportant un grand nombre de chiffres peuvent être partagés en tranches de trois chiffres, séparées par une espace, afin de faciliter la lecture. Ces tranches ne sont jamais séparées par des points, ni par des virgules. Pour les nombres entre +1 et -1, le séparateur décimal est précédé d’un zéro.
Exemples :
- longueur : = 1,54 cm = 154 cm ,
- masse : = 1,54 g = 1,54 kg , on ne doit pas employer = 1,54 mkg (2 préfixes),
- impédance complexe : ,
- indice de réfraction : =1,32
- angle : (pas d’espace entre le nombre et l’unité)
- température : = -15 °C (un espace entre la valeur et le symbole °C),
- molalité d’un ion dans un spécimen donné d’eau : = 1,76 μmol/kg,
- composante d’une force : ,
- énergie : = 43 279,168 29(54) J. Le nombre entre parenthèse indique la valeur numérique de l’incertitude-type sur les deux derniers chiffres de la valeur estimée.
Unités en dehors du SI dont l’usage est accepté avec le SI
Certaines unités en dehors du SI sont très utilisées et continueront selon toute vraisemblance à l’être pendant de nombreuses années. C’est la raison pour laquelle le CIPM a accepté que certaines unités en dehors du SI soient utilisées avec le SI. Elles figurent dans le tableau ci-dessous :
| Grandeur | nom | Symbole | Valeur en unité SI |
| temps | minute heure jour | min h d | 1 min = 60s 1 h = 60 min = 3600 s 1 d = 24 h = 86 400 s |
| longueur | unité astronomique | au | 1 au = 149 597 870 700 m |
| angle plan et de phase | degré minute seconde | ° | 1° = rad 1= rad 1 = rad |
| volume | litre | L | 1 L = 10-3 m3 |
| masse | tonne dalton | t Da | 1 t = 1000 kg 1 Da = 1,660 539 068 92(52) × 10−27 kg |
| énergie | électronvolt | eV | 1 eV = 1,602 176 634 10−19 J |
| logarithme d’un rapport | néper bel décibel | Np B dB | loge du rapport de deux grandeurs log10 du rapport de deux grandeurs 1 dB = 1/10 B |
Le décret n° 2020-709 du 11 juin 2020 fixe les unités de mesure légales en France. En plus des unités précitées, sont autorisées pour l’énergie le wattheure : 1Wh = 3600 J, pour la puissance apparente le voltampère (VA) et le var (var) pour la puissance électrique réactive en courant alternatif conformément aux normes internationales IEC (International Electrotechnical Commission).
Les incertitudes de mesure
Mesurage
Le mesurage est le processus consistant à obtenir expérimentalement une ou plusieurs valeurs que l’on peut raisonnablement attribuer à une grandeur. Le mesurande est la grandeur que l’on veut mesurer. Le principe de mesure est le phénomène servant de base à un mesurage. La méthode de mesure, est la description générique de l’organisation logique des opérations mises en œuvre dans un mesurage.
La procédure de mesure, est la description détaillée d’un mesurage conformément à un ou plusieurs principes de mesure et à une méthode de mesure donnée, fondée sur un modèle de mesure et incluant tout calcul destiné à obtenir un résultat de mesure.
Le résultat d’un mesurage est ensemble de valeurs attribuées à un mesurande, complété par toute autre information pertinente disponible. Le résultat de mesure est généralement exprimé par une valeur mesurée unique et une incertitude de mesure.
Exemple : Préparation d’une solution étalon de cadmium
- Procédure de mesure : nettoyage de la surface du métal de grande pureté pour retirer toute contamination par les oxydes métalliques, pesage du métal et dissolution dans le l’acide nitrique dans une fiole volumétrique.
- Mesurande : le mesurande est la concentration de cadmium en mg L-1 : . 1000 est le facteur de conversion de mL en L, la masse de métal en mg, la pureté du métal exprimée sous forme de fraction de masse (unité 1), le volume de la fiole volumétrique en mL.
- Résultat du mesurage : mg L-1.
Erreur de mesure
Un mesurage présente, en général, des imperfections qui occasionnent une erreur pour le résultat de mesure. On envisage traditionnellement qu’une erreur possède deux composantes, à savoir une composante aléatoire et une composante systématique.
L’erreur aléatoire provient probablement de variations temporelles et spatiales non prévisibles ou stochastiques de grandeurs d’influence. Les effets de telles variations, appelés ci-après effets aléatoires, entraînent des variations pour les observations répétées du mesurande. Bien qu’il ne soit pas possible de compenser l’erreur aléatoire d’un résultat de mesure, elle peut généralement être réduite en augmentant le nombre d’observations. Son espérance mathématique ou valeur espérée est égale à zéro.
L’erreur systématique, comme l’erreur aléatoire, ne peut pas être éliminée mais, elle aussi, peut souvent être réduite. Si une erreur systématique se produit sur un résultat de mesure à partir d’un effet reconnu d’une grandeur d’influence, effet appelé ci-après effet systématique, l’effet peut être quantifié et, s’il est significatif par rapport à l’exactitude requise du mesurage, une correction ou un facteur de correction peut être appliqué pour compenser l’effet. On suppose qu’après correction l’espérance mathématique de l’erreur qui provient d’un effet systématique est égale à zéro.

Si est la valeur vraie de la grandeur , la valeur observée peut se modéliser par :
X_k = \mu + e_{sys} + e_koù désigne l’erreur systématique (de même valeur non nulle quelque soit l’observation ) et , l’erreur aléatoire dont l’espérance mathématique est nulle. Le nombre d’erreurs aléatoires est fonction du nombre de sources d’incertitude.
Incertitude
L’incertitude de mesure est un paramètre non négatif qui caractérise la dispersion des valeurs attribuées à un mesurande, à partir des informations utilisées.
L’incertitude de mesure comprend des composantes provenant d’effets systématiques, telles que les composantes associées aux corrections et aux valeurs assignées des étalons, ainsi que l’incertitude définitionnelle. Parfois, on ne corrige pas des effets systématiques estimés, mais on insère plutôt des composantes associées de l’incertitude.
Le paramètre peut être, par exemple, un écart-type appelé incertitude-type (ou un de ses multiples) ou la demi-étendue d’un intervalle ayant une probabilité de couverture déterminée.
Les sources d’incertitudes peuvent être :
- la définition incomplète du mesurande ;
- la réalisation imparfaite de la définition du mesurande ;
- l’échantillonnage non représentatif. L’échantillon mesuré peut ne pas représenter le mesurande défini ;
- la connaissance insuffisante des effets des conditions d’environnement sur le mesurage ou mesurage imparfait des conditions d’environnement ;
- le biais dû à l’observateur pour la lecture des instruments analogiques ;
- la résolution finie de l’instrument ou le seuil de mobilité ;
- les valeurs inexactes des étalons et matériaux de référence ;
- les valeurs inexactes des constantes et autres paramètres obtenus de sources extérieures et utilisés dans l’algorithme de traitement des données ;
- les approximations et hypothèses introduites dans la méthode et dans la procédure de mesure ;
- les variations entre les observations répétées du mesurande dans des conditions apparemment identiques.
Ces sources ne sont pas nécessairement indépendantes. Elles peuvent être résumées par un graphique appelé arbre d’Ishikawa ou diagramme des 5M :

- milieu : environnement (température, humidité, vibrations, …) ;
- moyen : instrument de mesure, étalonnage , logiciels ;
- matière : échantillonnage, pureté ;
- main d’œuvre : observateur, lecture, manipulation ;
- méthode : mode opératoire.
Modélisation du mesurage
Dans la plupart des cas, un mesurande n’est pas mesuré directement mais il est déterminé à partir de grandeurs d’entrée par une relation fonctionnelle : . L’estimation du mesurande est obtenue à partir de la fonction en utilisant les estimations (à proprement parlé l’espérance mathématique d’une série d’observations de la valeur observée de Dans la plupart des cas, un mesurande n’est pas mesuré directement mais il est déterminé à partir de grandeurs d’entrée par une relation fonctionnelle : . L’estimation du mesurande est obtenue à partir de la fonction en utilisant les estimations (à proprement parlé l’espérance mathématique d’une série d’observations de la valeur observée de ) pour les valeurs : .
On préféra utiliser pour l’estimation du résultat du mesurande obtenue après observations indépendantes de :
y = \overline{Y}=\frac{1}{n}\sum_{k=1}^n\overline{Y_k}=\frac{1}{n}\sum_{k=1}^n f\left(X_{1k},X_{2k},\cdots,X_{N,k}\right)plutôt que de faire :
y = f\left(\overline{X}_{1},\overline{X}_{2},\cdots,\overline{X}_{N}\right)car la fonction peut-être non linéaire.
Évaluation de type A de l’incertitude-type
Dans certains cas, la meilleure estimation disponible de espérance mathématique d’une grandeur d’entrée qui varie au hasard (c’est à dire d’une variable aléatoire) pour la quelle on a obtenu observations indépendantes est la moyenne arithmétique : .
L’écart-type expérimental de la moyenne peut être utilisé comme mesure de l’incertitude :
u(x) = s(\overline{X}) =\frac{s(X_k)}{\sqrt{n}} = \sqrt{\frac{\frac{1}{n-1}\sum\limits_{j=1}^{n}\left(X_j-\overline{X}\right)^2}{n}}est appelé incertitude-type de Type A.
Exemple :
Vingt observations répétées de la température d’une étuve en °C ont donné les résultats suivants :
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 36,9 | 37,7 | 36,1 | 35,5 | 37,3 | 37,8 | 36,3 | 36,3 | 36,6 | 35,7 | 36,7 | 37,6 | 36,4 | 36,6 | 36,9 | 37,1 | 37,2 | 37,5 | 36,9 | 37,2 |
La moyenne est , l’écart-type , l’écart-type de la moyenne . On peut estimer l’incertitude-type de type A : si l’on considère que la distribution des observations obéit à une loi de probabilité normale.
Évaluation de Type B de l’incertitude-type
Pour une estimation d’une grandeur d’entrée qui n’a pas été obtenue à partir d’observations répétées, l’incertitude-type est évaluée par un jugement scientifique fondé sur toutes les informations disponibles concernant les causes de variabilité possible de . L’ensemble des informations peut comprendre :
- des résultats de mesures antérieures ;
- l’expérience ou la connaissance du comportement et des propriétés des matériaux et instruments de mesure utilisés ;
- les spécifications du fabricant ;
- les données fournies par les certificats d’étalonnage ou d’autres certificats ;
- l’incertitude assignée à des valeurs de référence provenant d’ouvrage et manuels.
évalué de cette façon porte le nom d’incertitude de type B.
Exemple :
Le certificat d’étalonnage d’une masse étalon de classe E1 de valeur nominale 100 g indique que la masse étalon en acier inoxydable est . Pour les étalon de masse de classe E1, l’erreur maximale tolérée est . L’incertitude élargie () est donnée par la recommandation internationale OIML R 111-1 : . On a donc et . On écrira donc :.
